Bernay Ring de boxe : le dernier round

Le ring de boxe du gymnase Jacques-Sébire a été vendu, mettant K-.o les amateurs de ce sport qui a fait connaître Bernay au-delà de ses cordes.

03/02/2017 à 16:35 par Benoît Négrier

Le ring (démontable) de boxe acheté par la municipalité de Bernay pour récompenser les efforts des bénévoles et sportifs du club d'époque en 1989 a été vendu par le biais d'une association sportive, avec l'aval du Sporting-club de Bernay (photo d'illustration). -
Le ring (démontable) de boxe acheté par la municipalité de Bernay pour récompenser les efforts des bénévoles et sportifs du club d'époque en 1989 a été vendu par le biais d'une association sportive, avec l'aval du Sporting-club de Bernay (photo d'illustration). -

« Je ne vous cache pas que cette vente m’étonne », avoue, sonné, Jacques Anquetil.

Ce passionné de boxe anglaise, ancien enseignant à la retraite, s’est signalé dès 1972 en faisant pratiquer la « boxe éducative » à Bernay. Il s’accommodait de « rings de fortune » (lycée Fresnel, ancien arsenal des pompiers) pour enseigner le « Noble Art ». Jusqu’au jour où l’équipe municipale, sous une mandature de Joël Bourdin en tant que maire de la ville de Bernay, allait récompenser cet entraîneur de cœur d’un ring de boxe digne de ce nom, en « 1989 ». Les archives de l’Eveil normand attestent de ce fait. Et les mémoires conjuguées de Joël Bourdin et Jacques Anquetil réunies confirment que la ville de Bernay avait, à l’époque, fait de l’achat de ce ring un « don en nature » au club sportif, de même pour les « billards » dont il ne serait pas concevable qu’ils soient vendus par le club de billard !

« Ce ring venait couronner nos efforts et les bons résultats enregistrés par Tony Martel, champion amateur régional au moment de cette acquisition. Je l’ai suivi, en tant qu’entraîneur, jusqu’à la finale de tournoi de France de boxe professionnelle. J’attendais de Tony qu’il prenne la suite », enchaîne l’ancien coach, Jacques Anquetil.

Coup bas ?

Courant septembre dernier, Tony Martel, prêt à relancer une section sportive de boxe loisir à Bernay après un long break, décide d’écrire à l’actuel maire de la ville, Jean-Hugues Bonamy, pour se signaler. D’autant que Tony, ancien champion de France en titre dans les années 90, entend des « rumeurs » concernant une intention de vente du ring. Il interpelle alors la présidente de Body Sculpture, Katia Jousse (Ndlr : elle n’a pas répondu à nos questions, renvoyant vers la mairie), pour lui demander de mettre en « stand-by » toute velléité de vente du ring, le temps de relancer une section boxe.

Tony se rapproche du club de Lisieux dans l’idée de profiter des statuts de celui-ci pour créer une antenne à Bernay. Mais il se voit signifier une fin de non-recevoir par la mairie de Bernay (lire encadré). Et apprend, une « semaine » après cette réponse négative que le ring a été vendu, du côté de Lyon. « On ne vend pas un ring en deux minutes ! L’histoire est dure à avaler. » Tony semble avoir pris un coup bas. Il s’interroge, lui qui a pourtant marché main dans la main avec Katia Jousse.

Jacques Anquetil, le créateur de l’association Body Sculpture (mélange de remise en forme et de boxe loisir), est sorti du circuit en 2005. Il voyait en Tony son « légataire ».

Il sait que Katia Jousse a « épaulé »

Tony avant que celui-ci n’ait plus de « disponibilités » pour « aller plus loin ». Jacques Anquetil se souvient qu’il avait « choisi » un « ring démontable et léger » pour pouvoir proposer des « galas » de boxe à la « salle des fêtes » de Bernay.

Evoquer ce ring, c’est rembobiner la moitié de sa vie. Alors plus question de prendre de gants pour dire ce qu’il pense vraiment : « On a bafoué l’âme du sport de Bernay en vendant ce ring. »

Pas très sport cette histoire.

Sporting-club de Bernay.
« Ce ring gênait… »
Alors que certains protagonistes esquivent gentiment les questions sur les raisons de la vente du ring de boxe via Body Sculpture et sa présidente Katia Jousse, d’autres n’hésitent pas à dire ce qu’il en était, quitte à prendre des coups en retour. C’est le cas du président du Sporting-club de Bernay (SCB), Stéphane Courtin, et, dans une moindre mesure, l’adjoint chargé des Sports à la ville de Bernay, André Sourdon. Tous s’accordent pour dire que ce ring, trop peu utilisé, devenait encombrant voire « gênant ». Gênant parce que la ville de Bernay souffre d’un manque de salles de sport pour répondre à toutes les demandes. Stéphane Courtin prend pour exemple le « tennis de table ». « Les compétitions se font au gymnase de Menneval. Rien ne disait qu’en septembre, Menneval allait toujours permettre d’offrir des créneaux horaires pour le ping-pong de Bernay. » Sous-entendu : il fallait anticiper une solution alternative, en l’occurrence l’espace au sein du gymnase Jacques-Sébire au Hameau où était installé le ring. « Ça faisait dix ans qu’on disait qu’il fallait vendre le ring, parce qu’il n’y avait plus beaucoup d’utilisateurs à part le self-défense. De même que ça faisait 20 ans qu’il n’y avait plus de section de boxe affiliée à une fédération à Bernay. Pour les galas de boxe à Bernay, ça dépendait de Bayeux. Et quand Tony Martel s’est manifesté, c’est par le biais du club de Lisieux. Pour entrer au Sporting-club de Bernay, il faut être dans les clous, présenter des statuts compatibles afin de bénéficier de créneaux de salle et de subventions, insiste Stéphane Courtin. Bernay n’arrive pas à faire face à toutes les demandes sportives. Il n’y a donc pas eu d’opposition à la vente du ring, d’autant que Body Sculpture ne dépend pas de la fédération de boxe. »
Tony Martel ne l’entendait pas ainsi. Il prétendait avoir un vivier d’une cinquantaine de personnes prêtes à enfiler les gants pour redonner ses lettres de noblesse au « Noble Art » à Bernay. Le club de Lisieux aurait simplement apporté une couverture juridique.
Mais à qui tout cela profite-t-il vraiment ? Pourquoi Body Sculpture a récupéré une somme substantielle alors qu’on n’y pratique plus la boxe ? Quelles ont été les conditions de la vente du ring ? Rien ne filtre de manière transparente, laissant planer un doute sur les motivations pécuniaires de l’opération. A moins qu’on ne jette l’éponge, mais rien n’est moins sûr. Ce ring, à l’origine, a bien été financé par la ville de Bernay.
27300 Bernay

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