Bernay Oscar Lalo, l'écrivain bernayen qui monte

L'écrivain Oscar Lalo sera présent samedi 6 mai 2017 à Bernay, d'abord en dédicace à la librairie A l'Eure des livres, puis en spectacle au conservatoire, le soir. Interview.

05/05/2017 à 15:51 par Florent Lemaire

Oscar Lalo revient à Bernay dès que son emploi du temps le lui permet. -
Oscar Lalo revient à Bernay dès que son emploi du temps le lui permet.

C’est à la faveur d’un jour férié, le 1er mai, que nous avons pu rencontrer Oscar Lalo, à Bernay. Là où il vit, par intermittence, depuis plusieurs mois. Lui qui se dit « très casanier » ne cesse d’être sur la route depuis que son premier roman, Les Contes défaits (Belfond), est sorti, au cœur de l’été 2016, pour la rentrée littéraire. Au milieu des centaines d’ouvrages, celui de l’auteur suisse a émergé et fait son chemin progressivement. Le bouche-à-oreille continue de faire son travail, et les bonnes critiques – des professionnels comme des lecteurs – ne cessent de pleuvoir. Interview, à quelques jours de la présence d’Oscar Lalo à la librairie A l’Eure des livres et au Conservatoire de Bernay.

Avant de publier ce roman, quel a été votre parcours ?

Oscar Lalo : J’ai été avocat, puis j’ai enseigné le droit. Ce parcours n’est pas sans lien avec ce livre. Le métier d’avocat vous confronte à des personnes dans des situations qui ont mal tourné, à la réalité et non plus aux textes de loi. Ça a contribué à planter des graines, pour les Contes défaits et en tant qu’écrivain. Le métier d’avocat, c’est un métier dans lequel on raconte des histoires. J’ai passé plusieurs années à en raconter aux juges. C’est un peu comme un roman, dans le sens où il y a un parti pris.

L’écriture faisait-elle déjà partie de votre vie ?

À quinze ans, on ne sait pas ce qu’on veut faire de sa vie. Mais j’ai remarqué que l’écriture était déjà présente. Avant d’être avocat, j’ai écrit beaucoup de poèmes. J’ai ensuite appris la musique pour m’accompagner. Pendant des années de barreau, j’écrivais des chansons, je les enregistrais, j’ai enregistré trois albums de chanson française à texte. J’ai écrit une pièce de théâtre, Mes nuits avec Woody Allen. Un jour, un producteur de cinéma est venu voir la pièce et m’a dit que je devrais écrire des courts-métrages. J’ai fait dix courts-métrages, qui sont encore une autre forme d’écriture. Toutes ces formes d’écritures me nourrissaient pour ce que j’appelle l’écriture ultime. Un roman n’est pas un produit transformé. Ce que j’ai écrit, c’est ce que le lecteur a en main. C’est sorti comme ça, quasi sans rature, comme si ce n’était pas moi qui écrivais.

Les Contes défaits ne sont pas tant un livre sur la pédophilie que sur le silence, la difficulté de parler, celle de se souvenir.

Ce n’est pas un livre sur la pédophilie, c’est un livre sur qu’est ce que c’est qu’une faille, un trauma, une blessure, qu’on a tous, et comment on va gérer ça dans notre vie. C’est un livre sur la mémoire, l’enfance et la résilience. Les Contes défaits, c’est l’histoire de quelqu’un qui ne comprend rien, et qui ne sait même pas s’il comprend ce qu’il est en train de comprendre. C’est ce chemin vers une compréhension de soi.

Le silence est devenu un personnage à part entière. Mon souhait de silence a été exaucé. Il s’immisce dès le premier chapitre, par le biais de pages restées blanches. J’espère avoir été ce greffier qui a su écrire ce qui ne pouvait pas se dire, « traduire » un silence.

L’accueil réservé à votre ouvrage par les lecteurs et la presse vous a-t-il surpris ?

Je suis un autre depuis la parution. Je suis le type le plus casanier de la terre et ça fait neuf mois que je voyage ! C’est extraordinaire, ça me nourrit énormément ! Ça fait neuf mois que je suis le VRP de ce livre, et chaque rencontre me nourrit, le lecteur me nourrit quasiment plus que ce que j’ai espéré nourrir le lecteur. Je me suis senti écrivain non pas quand il a été publié mais quand j’ai reçu ma première lettre de lecteur.

J’avais très peur que ce livre ne soit pas compris. C’était d’abord pour moi un objet littéraire, pas un récit. C’est l’écriture qui m’a mené à ce livre.

Cet accueil est peut-être lié au fait que ce soit un premier roman, les gens sont plus indulgents, à la recherche de la nouveauté. Depuis neuf mois, je reçois mes « baisers du matin », un blog, un article, un lecteur. C’est agréable et en même temps, ça me met une pression colossale sur le deuxième. J’ai rencontré Jean Rouaud, prix Goncourt 1990, qui m’a dit que c’était le plus difficile à écrire. « Soit ça t’ouvre une vraie reconnaissance d’écrivain, ou tu ne seras plus jamais publié », m’a-t-il glissé.

Pratique. Oscar Lalo sera présent le samedi 6 mai à la librairie A l’Eure des livres à Bernay, à partir de 10 h 30, pour discuter avec vous et dédicacer son livre. En soirée, vous pourrez assister à une rencontre mêlant mots et musique autour du roman. Rendez-vous au Conservatoire Intercommunal de Bernay à partir de 19 h 30. Entrée libre.

27300 Bernay

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